Mobilité · Urbanisme · Grand Genève · Octobre 2026
Le prolongement du tram 15 jusqu’à Saint-Julien-en-Genevois ne se fera pas selon le projet initial. Le 16 juillet 2026, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a annulé l’approbation des plans du tronçon suisse, entre la ZIPLO et la frontière française. Le 2 septembre, le Conseil d’État genevois a annoncé qu’il ne ferait pas recours : un nouveau projet doit être conçu.
La question : comment réaliser cette liaison transfrontalière sans reproduire les problèmes juridiques et environnementaux qui ont bloqué le projet ?
I. Un prolongement stratégique, bloqué par la justice
A. Le tram dessert déjà la ZIPLO
La première étape est en service depuis décembre 2023 :
- Tronçon : Les Palettes – ZIPLO (zone industrielle de Plan-les-Ouates).
- Longueur : 2,7 km.
- Quatre nouveaux arrêts : Curé-Baud, Le Rolliet, Cherpines et ZIPLO. L’arrêt Cherpines doit être desservi au fil du développement du nouveau quartier.
- Fréquence : environ un tram toutes les 4 à 5 minutes aux heures de pointe.
Le prolongement prévu devait ensuite traverser Perly-Certoux, franchir la frontière et rejoindre la gare de Saint-Julien-en-Genevois.
B. Pourquoi la justice a-t-elle bloqué le projet ?
Le 10 juillet 2023, l’Office fédéral des transports (OFT) avait approuvé les plans du tronçon ZIPLO – frontière. Des opposants ont contesté cette décision. Après trois ans de procédure, le TAF l’a annulée le 16 juillet 2026.
- Motif principal : la route de desserte prévue pour accompagner le tram, dont le tracé empiète sur des surfaces agricoles.
- Motif juridique : la compétence de l’OFT pour statuer sur les aménagements routiers.
- Contexte : le projet date d’une décision du Grand Conseil de 2013 ; depuis, les besoins de mobilité et les enjeux environnementaux ont beaucoup évolué.
Point important : le tribunal ne remet en cause ni le principe du tram, ni son tracé, ni son intérêt public. Il conteste les mesures qui l’accompagnent.
II. Un nouveau projet à concevoir
A. La route de contournement abandonnée
Le 2 septembre 2026, le Conseil d’État a renoncé à saisir le Tribunal fédéral : poursuivre la procédure aurait retardé le projet de plusieurs années, sans garantie de résultat. La route de contournement initialement prévue pour faire passer le tram est abandonnée, en accord avec les autorités françaises et les recourants.

Prochaines étapes annoncées :
- Mettre en place une nouvelle gouvernance de projet d’ici fin 2026.
- Élaborer un nouveau projet de tram, puis le soumettre à une nouvelle procédure d’approbation des plans.
- Poursuivre la coordination avec les collectivités suisses et françaises.
B. Quels acteurs et quel calendrier ?
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| État de Genève | Pilotage politique et nouvelle gouvernance du projet |
| Office fédéral des transports (OFT) | Approbation des plans du tronçon suisse |
| Transports publics genevois (TPG) | Exploitation du réseau de tram |
| Commune de Perly-Certoux | Coordination locale, circulation |
| Communauté de communes du Genevois et Ville de Saint-Julien-en-Genevois | Maîtres d’ouvrage côté français |
Côté français, les travaux préparatoires sont déjà réalisés : lancés en octobre 2022, les déplacements de réseaux (notamment avenue de Genève et autour de la gare) se sont achevés en 2024.

Calendrier : aucune date de mise en service ne peut être annoncée à ce stade. Un nouveau projet et une nouvelle procédure administrative sont nécessaires.
En attendant, le canton prévoit deux mesures :
- Augmenter la fréquence du bus transfrontalier 80 entre Saint-Julien et Genève.
- Élargir la plateforme douanière de Bardonnex, pour reporter le trafic vers l’autoroute et soulager les petites douanes des communes du sud.
III. Ce qui fait débat
- Les terres agricoles. Les recourants, commerçants et habitants de Perly, contestaient la route de contournement prévue pour le tram, jugée trop gourmande en surfaces agricoles. C’est l’un des principaux motifs de l’arrêt.
- La traversée de Perly. Sans route de contournement, le tram emprunterait la route de Saint-Julien, étroite dans le village, en partageant la chaussée avec les voitures. Selon l’association CITraP, cela supposerait de réduire le trafic d’environ 18 000 à 5 000 ou 6 000 véhicules par jour.
- Le trafic de transit. À Perly-Certoux, le mouvement VIVRE Perly-Certoux dénonce le bruit, la pollution et les retards des bus liés au trafic vers la ZIPLO, l’autoroute et la douane de Bardonnex. Il voit le tram comme une occasion de report vers les transports publics.
- Les délais. L’État a renoncé au recours pour éviter des années de procédure. CITraP approuve ce choix, mais estime que l’extension prendra au moins cinq à six ans de retard.
- La réaction française. Les collectivités françaises refusent d’attendre cinq ou six ans sans solution. Dans l’attente du nouveau projet, elles demandent des mesures immédiates pour fluidifier le bus 80 et limiter la congestion à Saint-Julien (Tribune de Genève).
À retenir
- Tram 15 : en service jusqu’à la ZIPLO depuis décembre 2023.
- Extension vers Saint-Julien : le projet approuvé en 2023 est annulé.
- Cause principale : la route de desserte et son impact sur les surfaces agricoles.
- Suite : nouvelle gouvernance d’ici fin 2026, puis nouveau projet.
- Mise en service : date inconnue.
Sources : Conseil d’État de Genève, communiqué du 2 septembre 2026 ; Conseil d’État, prise d’acte de l’arrêt du TAF (juillet 2026) ; Tramway du Genevois (CCG – Saint-Julien-en-Genevois) ; Commune de Plan-les-Ouates ; CITraP Genève ; VIVRE Perly-Certoux ; Tribune de Genève ; 20 minutes, 2 septembre 2026.


